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Les JTE 2014, j'y étais !

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La 4e édition des JTE, j’y étais !

Lundi 2 juin

Il est 13h15, les participants s’affairent vers leur atelier. Au programme de cette première journée, dix conférences techniques vont se succéder avant la plénière d’ouverture, placée cette année sous le signe de la transmission aux salariés. Applaudissements. Il est déjà 15 heures. La première session d’ateliers vient de se terminer. On sait désormais -– presque -– tout du LBO1, de la donation précession, des clés d’une bonne transmission familiale…

Pause. Prendre un café, échanger, réseauter. Avant de rejoindre une prochaine table ronde.

17h30, c’est l’heure de la plénière. En préambule, quelques mots des présidents Carely, Racapé et Tokarz, organisateurs de ces journées2. L’occasion pour Julien Tokarz, de rappeler l’enjeu que constitue pour notre économie l’accompagnement technique et psychologique des chefs d’entreprise, en phase de transmission. Et d’insister sur la nécessité que « nos trois professions y travaillent ensemble ».

« Les salariés, nouveaux acteurs de la transmission d’entreprise ? » Telle est la question posée en cette fin d’après-midi, à deux jours de l’examen en -deuxième lecture du projet de loi ESS3. Une partie de la réponse se trouverait-elle ici sur scène ? Paul Malignac (Espace Loggia Expansion) est co-repreneur, avec un salarié, de l’entreprise familiale ; Bertrand Challoy, ancien salarié, est aujourd’hui co-gérant de la Scop Setco ; André Cros, ancien dirigeant du bureau d’étude Acoustique & Conseil, a cédé en 2012 son entreprise à deux de ses salariés.

Pour ce dernier, le choix de la bonne formule n’a pas été immédiat.

« J’ai naturellement commencé par me rapprocher des responsables d’un grand groupe avant de m’apercevoir rapidement qu’ils étaient plus intéressés par nos clients que par notre activité. Il n’y avait dans leur projet aucune stratégie de continuité. » Il se rapproche alors d’un confrère. Deuxième échec. « Nous avions pourtant des valeurs communes, mais impossible de s’accorder sur la valorisation de mes parts. Au bout d’un an et demi de négociations, j’ai jeté l’éponge malgré notre amitié. » Alors il pense à ses salariés. « Dès le départ, j’aurais dû m’orienter vers cette solution. J’avais en face de moi des gens compétents et extrêmement motivés » reconnaît André Cros. Et d’ajouter : « pour nous conseiller et nous guider, nous avons sollicité l’expert-comptable de la société qui connaissait parfaitement nos rouages. Pendant cinq ans, il a fait monter en compétences mes deux collaborateurs en les formant progressivement à leur futur rôle de dirigeant d’entreprise. Nous avons ainsi fait un transfert progressif de mes parts en respectant le cadre légal ».

Le salarié, candidat idéal ? Pour Alain Tourdjman, directeur des études Veille et Prospective pour la BPCE4, le principal enjeu statistique de la cession-transmission consiste à trouver un repreneur de confiance. A cet égard, le salarié de l’entreprise se voit naturellement qualifié.

Mais dans les faits ?

30 % des dirigeants qui envisagent une cession à dix ans déclarent penser à un salarié comme repreneur potentiel. En revanche, quand l’échéance se rapproche à seulement un ou deux ans, l’économiste constate une baisse sensible du taux d’intention. « Beaucoup auraient envie de le faire mais plus rares sont ceux qui l’envisageraient sérieusement », en conclut-il.

A l’extérieur de l’amphithéâtre, on distingue quelques notes. Les musiciens s’accordent. La journée s’achève sur des airs de jazz manouche.

Mardi 3 juin

Il est 10h30 quand Pierre Gattaz, président du Medef, prend place sur la scène de la plénière de clôture. « Le dirigeant d’entreprise est souvent très seul, et vous, experts-comptables, notaires, commissaires aux comptes, lui êtes très précieux », lance-t-il en introduction.

Parmi ses combats, la reconnaissance de l’entreprise est une priorité : « solution à l’intégration des jeunes, au pouvoir d’achat des ménages, à l’innovation, à l’exportation, à la création de richesses du pays, au financement de la sphère publique et des fonctions régaliennes de l’Etat ».

Les conditions de sa transmission doivent être favorables.

« Transmettre, céder, sont des actes de gestion naturels, nécessaires à la pérennité des entreprises. Il faut un environnement de compétitivité et de confiance. Il est dès lors impératif d’assurer une sécurité juridique et une stabilité de la fiscalité. C’est pourquoi nous souhaitons la non-rétroactivité des dispositifs fiscaux – à l’exception d’évolutions favorables. Une transmission est un contrat. Le cadre en vigueur au moment de la signature doit être le même qu’au moment du dénouement. Ce principe doit prendre rang constitutionnel. Nous demandons également de pouvoir conserver les dispositifs fiscaux comme la loi Dutreil, et d’en sécuriser l’application pour éviter une remise en cause due à des interprétations restrictives en contrôle fiscal. De même, nous demandons que soit institué et généralisé le rescrit fiscal, juridique et social pour les différents cas de figure posés par les cessions, transmissions et reprises. Je sais que le rapport Mandon/Poitrinal intègre ces demandes répétées du Medef et j’espère que ces mesures de simplification seront rapidement transcrites dans la loi. »

Etre utile aux entreprises, favoriser la confiance, c’est également le message fort que portent conjointement Joseph Zorgniotti, président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, et Jean Tarrade, président du Conseil supérieur du notariat. Ils affirment tour à tour leur volonté commune de développer des relations toujours plus constructives entre leurs professions, dans l’intérêt de leurs clients communs. Ils annoncent la création d’un groupe de travail dont la mission est notamment d’élaborer, d’ici la fin de l’année, une méthode commune d’accompagnement des chefs d’entreprise dans leur projet de transmission.

Et enfin, ils sont là, Nicolas Lesur, Joachim Dupont, remarquables acteurs du financement participatif, aux côtés de Dominique Restino, délégué du président de la CCI Paris Ile-de-France, tous s’accordant sur la puissance phénoménale et l’efficacité redoutable de ce nouveau mode de financement. Pour la création, bien sûr, mais également pour le développement et la reprise d’entreprise, rien ne s’y opposant.

Partageant cet enthousiasme, Olivier Goy, qui représente les fonds d’investissement, tempère néanmoins le propos.

« Le financement participatif, c’est avant tout de la finance, avant d’être du web. Quelques pièges doivent être déjoués pour que le phénomène perdure au-delà du plaisir inouï de lever des fonds en 15 jours. Si les investisseurs intègrent qu’il y a un taux de casse et qu’il y a toujours un risque à placer son épargne, ce qu’ils n’anticipent pas forcément c’est le cycle de vie de l’entreprise. Toute la difficulté d’être un investisseur en capital, c’est de savoir si au moment où l’entreprise pivote, il faut arrêter, parce que le pivot n’est pas le bon, et là on sait qu’on a perdu sa mise, ou si, au contraire, on remet de l’argent sur la table et on poursuit. […] Le véritable enjeu du crowdfunding n’est pas de gérer le 1er tour de table mais le deuxième, et surtout, d’assurer un reporting pour permettre aux investisseurs de bien comprendre la stratégie de l’entreprise, trouver le bon chemin… la transition est toute faite. »

Ornikar est la première auto-école en ligne disposant de moniteurs partout en France pour un apprentissage mobile et à prix réduit. C’est ce projet, porté par Benjamin Gaignault, que le jury de Mash Up6 récompense au terme du concours de pitchs qui vient clôturer cette belle édition 2014 des JTE.

Il est 20 heures. Ça y est, le nouveau portail des JTE, dédié à la transmission d’entreprise se dévoile sur www.lesjte.com pour prolonger le moment, s’informer, et patienter jusqu’à la prochaine édition ! 


1. Le Leverage Buy Out (LBO) ou rachat avec effet de levier est un montage financier permettant le rachat d’une entreprise par le biais d’une société holding.

2. Respectivement présidente de la Chambre des notaires de Paris, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris, et président de l’Ordre des experts-comptables région Paris Ile-de-France.

3. Projet de loi relatif à l’économie sociale et solidaire

4. Organe central des Banques Populaires et Caisses d’Epargne.

6. Association étudiante visant à promouvoir l’entrepreneuriat chez les étudiants


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